Les Ramones... Les pieds nickelés du rock, les clochards célestes du punk, the great rock'n'roll swindle? Génies ou débiles profonds? La bourse ou la vie? Le cancer ou Schwarzenberg? (Merci Saint Desproges).
Je vais être sincère avec vous, je m'en contrebalance comme Nina Hagen de son premier Tampax (Pièce de collection, à ce que l'on m'a dit...).
Je pense que, tous autant que nous sommes, nous connaissons plus ou moins ces quatre hurluberlus, grands initiateurs de la scène punk et véritables Spinal Tap du punk rock...
Que dire des Ramones, des albums tout aussi géniaux que pourris, que leurs premiers disques ont été les pierres de faite de tous les groupes punks énervés de la Création, que les années 80 et 90 les ont vus pondre des bouses hard FM absolument ignobles et que tel un phénix, la machine Ramones a accouché de trois derniers testaments musicaux sublimes avant leur split final...
Nada, je ne vous ferai pas l'historique des Ramones...
Je préfère plutôt vous exposer quelques anecdotes concernant ces quatre crétins congénitaux et géniaux

, explicitant mille fois mieux qu'une thèse rock'n'rollienne la philisohie de la Cretin Family
Je citerai donc Dee Dee Ramone pour commencer "One, Two, Three, Four"
Au début était le Verbe. Dans le cas des Ramones, ce fut le Queens...
Dee Dee, fils de militaire US basé en Allemagne, violent et alcoolique, arrive aux USA avec sa mère. Question de vie ou de mort face à ce père fou furieux.
A 15 piges, le jeune Douglas glande, s'enfile de l'héro et vend ses charmes de jeune patre, tombe pour un casse pourri dans une station service, se fait virer du foyer familial et rencontre un certain John Cummings que nous appellerons Johnny.
53rd and 3rd, chanson tirée de The Ramones, autobiographique et chantée en partie par Dee Dee.
Johnny a un choc immense en 73, suite à un concert de New York Dolls... Les mecs assurent, font le show, ont des minettes à leurs pieds et ils ne jouent pas si bien que ça...
Dee Dee voit arriver ce livreur dans son quartier, jean's déchiré et Keds pourries et se dit que ce glandu a l'air bien cool...
Les deux s'acoquinent et se découvrent la même passion pour les Poupées, les Stooges et les Beatles.
Chaque concert new yorkais des Stooges devient leur grand messe!
Dee Dee fait des rêves humides en repensant à Iggy, à Ron Asheton et sa croix de fer... Dee Dee, éternel adolescent qu'il est, adorera faire ch*er le WASP bien pensant avec une panoplie nazillonne de pacotille, comme les greasers bikers des 50s-60s...
Johnny traine avec Mickey Leigh, frangin de Joey... Un Joey idiot du village, trainant avec les hippies, afro rouge sur la tête et lunettes à la Lennon... Tout ce que Johnny conchie.
Mais pour Dee Dee, Joey a un énorme atout... Il se défonce à la mauvaise piquette comme un goret sous acide

.
Les deux prennent un pied phénoménal à picoler comme des polacks, insulter les passants et balancer des télés du haut des immeubles pour tenter de filer des heart attacks aux petites vieilles... De jeunes gens sains, quoi
Deuxième atout de poids pour Joey et total respect de Dee Dee, Joey fait un séjour en HP...
Joey en parlera dans Psycho Therapy, sur Subterranean Jungle
De plus, Joey a attendri un nombre de gisquettes considérable et Johnny sent la chair de donzelle fraiche... Joey devient digne d'intérèt!
Joey se prend pour Alice Cooper et chante dans Sniper... Malgré ses platform boots, son boa rose, Johnny est impressionné par le bonhomme. Qui laisse tomber Sniper lorsqu'il découvre que son idole, n'est pas un vrai nécrophile
En 74, Johnny se paie une Mosrite à 50 dollars, Dee Dee une Danelectro et Joey sera batteur... Tout ce petit monde se retrouve chez Tommy Erdeleyi, immigré hongrois.
Joey ne peut suivre le tempo, dixit Tommy "Ils sont à chier mais excitants"
Tommy passe à la batterie et Joey sera chanteur!
Les quatre aimeraient faire des reprises mais ils sont tellement nuls qu'ils ne pourraient reprendre Louie Louie sans faire de pains (Trois accords, tout de même... Sacré challenge). Ils ne feront donc que des compos!
Le groupe n'a pas de nom mais Dee Dee se rappelle que Paul McCartney se faisait appeler Paul Ramone lors de ses réservations d'hotel. Ils deviendront donc les Ramones!
Dress code strict, perf, jean's déchiré, le sergent Johnny veille... Mais cela s'arrête là. Debbie Harry (Blondie) assiste à leur premier concert et c'est un spectacle digne des Three Stooges!
Joey ne vot rien et se casse la gueule durant le set, Dee Dee fait tomber sa basse, marche dessus en voulant la reprendre et la pète
Leurs potes ne veulent plus connaître cette bande de branques, suite à cette bérézina...
Les critiques définissent la musique des Ramones comme une fraise de dentiste sur la molaire d'un patient...
Pas découragés, ils joueront au CBGB après avoir vu Television. 25 fois en 74 et 33 en 75!
La simplicité crétine et attachante des Ramones, leurs shows de 22 chansons en 20 minutes crée le buzz. Les critiques s'intéressent à eux.
Premières démos et première partie de... Johnny Winter! Les rednecks leur font un accueil... Mitigé, dira-t-on
Seymour Stein, boss de Sire Records, entend leurs démos et les signe direct!
Le premier album, mis en boite en 2 semaines sort en 76. Inspiré des principes fondateurs de la vie ramonesque : comics, colle à rustine, cinéma de série Z, etc., l'album est un succès critique mais un four commercial.
Néanmoins, un morceau emblématique est gravé. Un nombre infini de groupe l'ont repris : Pearl Jam, Hanoi Rocks, The Sour Spinsters (Mon groupe... Oui, bon, je peux rêver et faire un peu de pub...)...
Les Ramones érigent la simplicité d'exécution et le côté crétin comme un art majeur, tels un Douanier Rousseau sous speed.
Le secret est simple. Ne jamais s'entrainer à la maison, ne pas chercher à évoluer!
Devo aura une philosophie très proche
Le 4 juillet 76, jour du Bicentenaire, les Ramones débarquent au Roundhouse de Londres. Rencontrent les futurs Clash et voient en eux de futurs concurrents, pissent dans la bière de John Lyddon, futur Rotten.
Dee Dee rencontre son alter ego briton en la personne de Sid Vicious, qui se prépare un fix à l'aide de l'eau croupie trouvée au fond d'un chiotte. Ils deviendront amis pour leur courte vie!
Sid apprend à jouer de la basse (Mal...) en écoutant leur premier album.
Dee Dee traine avec Richard Hell, lui parle de sa chanson, encore plus glauque qu'Heroin du Velvet, Chinese Rocks!
Hell la jouera avec ses Heartbreakers et les Ramones se feront blouser, comme toujours...
Malgré toute leur bonne volonté, la scène punk anglaise noie la planète... Les Ramones ont tout, sauf le look épingle à nourrice et spikes...
La logique ramonesque dans toute sa splendeur : Rockaway Beach, hymne au Summer means fun et tube d'un été, sort en plein hiver
Tommy se casse, devenant claustro, enfermé 300 jours par an dans un camion écoutant les résultats de baseball en boucle, sur ordre strict du Sturmbahnführer Johnny.
Marky, transfuge des Voivoids de Richard Hell s'assied sur le tabouret encore chaud.
Les Ramones jouent dans le cultissime et nullissime Rock'n'roll high school... Dee Dee, malgré quarante prises n'est pas capable de dire "Ha, voilà la pizza". On est tout de même loin de la tirade du nez de Cyrano... Mais Dee Dee se met dans le pif et dans les veines une quantité de poudre aussi balèze que la Pyramide de Khéops...
Dans le même temps, les Ramones rentrent en studio avec un autre grand malade, Phil Spector!
Le père Phil leur fait faire des dizaines et des dizaines de prises. Le premier qui faiblit ou lâche l'affaire se retrouve avec un flingue sous les naseaux et deux mastards derrière lui...
Malgré tout, End of the century sera leur album le plus vendu...
Comme quoi, Wall Of Sound et Ramones ne sont pas incompatibles...
http://www.youtube.com/watch?v=z7pmwqDLxU0&feature=fvst
Suite à cela, les Ramones commenceront une longue traversée du désert... Quelques bons albums dans le milieu des 80s puis MTV frappe... Et les Ramones s'embourbent dans des albums ignobles...
1991, départ de Dee Dee, devenu rappeur, sous le nom de Dee Dee King...
Voit l'arrivée de CJ, bassiste et fan ultime des faux frangins. L'album de la rennaissance Mondo Bizarro, arrive dans les bacs.
Les Ramones se frottent ensuite au reprises sixties sur Acid Eaters, invitant Pete Townshend ou Traci Lords
1995, les Ramones tirent leur révérence, Adios Amigos, reprennent Tom Waits et signent l'un de leurs meilleurs abums.
L'un de mes plus grands regrets de ma vie de fan absolu de musique aura été et restera d'avoir loupé les Ramones en concert à Dijon...
RIP Joey, Johnny, Dee Dee... So long, dudes
That's all, folks